Affichage des articles dont le libellé est La Zaude enseigne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est La Zaude enseigne. Afficher tous les articles

mercredi 30 novembre 2016

Ressources unisciel : maths pour les sciences

Image tirée du diaporama : mathématiques pour la physique

L'enseignement des maths pour les sciences est un enjeu pour la réussite des étudiants qui arrivent à l'université ou en classes préparatoires. Calcul, géométrie, nombres complexes... Autant de sujets vus avant le bac mais qui ne sont pas maîtrisé par la majorité des étudiants arrivant dans le supérieur, surtout dans des contextes différents de celui du cours de maths. Et ces lacunes sont d'autant plus problématiques qu'elles sont corrélées à l'échec en fin de première année de licence. 

Dans ce billet, je liste les différentes ressources d'unisciel qui peuvent être utilisées pour faire de la remédiation en "maths pour les sciences".

  • Pour commencer, des ressources de maths de L1 conçu par l'université Lille1 (cours, exos de maths, corrigés d'exos en vidéo) avec la chaîne Youtube Exo7 ainsi que le site associé : http://exo7.emath.fr/.
    C'est fait par des matheux et donc rarement en contexte de maths pour les sciences. 
  • Un cours en ligne de maths pour la physique fait par l'université de Nancy : http://uel.unisciel.fr/physique/outils_nancy/outils_nancy/co/outils_nancy.html
    Style un peu vieillot mais pas mal de notions abordées avec souvent quelques exerciseurs. 
  • Un ensemble de ressources de maths de niveau TS conçu par l'université de Bordeaux : http://www.unisciel.fr/ramses/
    Des capsules au look assez vieillot, mais avec du contenu qui peut être intéressant, et quelques exercices corrigé. 
  • Un ensemble de question de maths pour la physique construit par l'insa de Lyon. Pour le moment ces ressources ne sont pas diffusées mais elles seront très bientôt disponibles dans la banque de positionnement d'unisciel : http://pos.unisciel.fr/

samedi 26 novembre 2016

Le chercheur et son article

Je voulais partager avec vous une chouette vidéo que j'utilise en formation avec des étudiants scientifiques et avec des étudiants non-scientifiques pour faire vivre le processus de publication d'un article de sciences. L'idée est aussi/surtout de montrer le fonctionnement du peer-reviewing dans la publication des articles scientifiques...
 


Le chercheur et son article: une aventure en trois actes from La physique autrement on Vimeo.

vendredi 12 août 2016

Très bonne idée ... pour évaluer?


Il y a quelques jours je discutais avec une collègue d'enseignement et de vulgarisation. Pour aider les étudiants à distinguer deux concepts ("espèce sauvage" versus "espèce domestique"), je proposai une activité où il fallait replacer différentes espèces d'animaux dans deux colonnes. L'idée intéresse ma collègue, je lui raconte comment il me semble possible d'intégrer cette idée dans une exposition itinérante pour des élèves de collège ou au cours d'un cours avec des étudiants adultes. 

Instantanément, ma collègue voit l'intérêt de cette activité pour évaluer ses étudiants en fin de module.  

Il y a quelques années, Nathalie Younès, une chercheuse en sciences de l'éducation de Clermont Ferrand présentait à une conférence les résultats d'une étude qualitative sur l'usage des boitiers de vote par des enseignants universitaires. La plupart ont d'abord commencé par utiliser les boitiers de vote pour évaluer les étudiants et voir "où ils en étaient" et "s'ils avaient appris leur cours" avant parfois de passer à un usage plus "moderne" dont le but de l'évaluation soit de permettre à l'étudiant de se situer. 

Après ces deux exemples, je me demande pourquoi les enseignants semblent détourner les "innovations pédagogiques" d'abord pour évaluer... 
  • Si les enseignants sont en manque de matériel pour mener les évaluations sommatives (fin de module)? 
  • S'il s'agit d'un manque de compréhension du rôle des rétroactions dans l'apprentissage? 
D'autres idées? 

samedi 31 octobre 2015

Une formation scientifique pour le monde du cheval


L'an dernier, j'ai participé à la mise en place d'une formation scientifique pour les professionnels et les amateurs du monde du cheval. L'idée est de réunir des enseignants-chercheurs qui travaillent sur le cheval (éthologie, médecine vétérinaire, agronomie, ... ) et des équitants qui n'ont habituellement pas accès à de l'information scientifique hors vulgarisation.
 
Il s'agit d'une formation sur 7 modules d'une semaine répartis sur une année civile. Le positionnement de cette formation est un peu différent de ce qui se fait d'habitude dans le monde du cheval : l'idée est de découvrir les résultats de la recherche, mais aussi de développer un esprit critique en comprenant comment fonctionne la recherche.

Voilà la présentation de cette formation telle qu'elle circule sur FB :
Comment améliorer les conditions de vie des chevaux que j'ai en charge ?
Quelles sont les dernières avancées scientifiques sur le bien-être du cheval (hébergement, alimentation, éducation, équipement, santé) ?

Comment faire le tri parmi la multitude d'informations qui circulent ?

Professionnel du cheval, cavalier de loisir, amateur ou éleveur, nous sommes tous concernés par ces questions! C'est pour vous permettre d'enrichir vos connaissances et d'exercer votre esprit critique que la formation  « Éthologie appliquée au cheval – des sciences à la pratique » a été mise en place à la Cense. L'équipe pédagogique est constituée d'intervenants d'horizons différents (chercheurs en éthologie, vétérinaires, soigneurs animaliers, ingénieurs agronomes...) et Hélène Roche, spécialiste de la vulgarisation en éthologie équine, vous accompagne dans vos apprentissages durant les 7 modules. De nombreux travaux pratiques vous permettront d'appliquer vos connaissances et de pratiquer des démarches scientifiques.

Plus d'informations sur le site du haras de la Cense www.lacense.com et sur la  page Facebook de la formation
J'interviens ponctuellement dans la formation scientifique avec ma casquette de chercheuse (thèse en physique, actuellement recherche en sciences de l'éducation) sur la partie "connaître les méthodes scientifiques / développer son esprit critique". J'y défends entre autre l'idée que les connaissances empiriques ont toute leur place dans le monde du cheval, mais que c'est malhonnête de vendre des choses comme étant scientifiquement prouvées quand ce n'est pas le cas. Petit à petit je souhaite que cette formation soit un laboratoire de développement de l'esprit critique et une brique dans le développement de recherches participatives.

Je cherche aussi à ce que cette formation ne soit pas un lieu d'échanges descendant où des chercheurs tout puissant diffusent la bonne parole à des stagiaires définis par leur manque de connaissances. Mais ça, c'est plus difficile du fait des nombreux intervenants...

mercredi 18 décembre 2013

La quadrature du cercle

La quadrature du cercle
12h10, fin du cours dans 5', sortez une feuille et notez ce que vous avez pensé du cours, ce que vous garderiez si vous deviez faire le cours à ma place l'an prochain, ce que vous enlevez, ce que vous rajoutez. Et puis dites moi ce qui vous a paru le plus compliqué, ce pour quoi le cours vous a aidé... 

Depuis que j'enseigne je me suis promise de me livrer à cet exercice, mais le temps tout ça, c'est la première fois que je le cale vraiment. Je me doutais que je n'allais pas avoir un "madame votre cours c'est le mieux de la Terre" de la part de tous les étudiants de la promo, mais quand même, il faut être assez sur de soi pour se prêter à ce petit exercice.

Si je continue à être convaincue de ce que je fais, que je suis payée pour les aider à comprendre la physique et pas juste pour leur filer des annales dont le corrigé est déjà en ligne, il semble vraiment évident qu'il faut que je travaille plus sur la façon d'aborder les choses pour que les étudiants soient convaincus eux aussi. Et puis il faut aussi que je m'adapte davantage à eux. Les trois quarts ne travaillent pas ou prou chez eux, étonnant quand on sait qu'ils préparent le concours qui leur donnera un poste pour les 42 prochaines années de leur vie, mais c'est un fait. Bref, je pense que l'an prochain, il faudra que je prenne 1h en début d'année pour construire avec eux la manière dont se déroulera le cours.

Quelques miscellanées à l'oral :
  • "Madame, on se rend bien compte que vous essayez de faire un cours avec une pédagogie innovante, mais nous on est en fin d'études, on a eu que des cours classiques, et on a du mal à pas avoir l'impression qu'on perd notre temps quand on en fait moins"
    (ben oui, quand on gratte au tableau toute l'heure, ils ont l'impression d'en avoir eu pour leur argent...) 
  • "Ben là j'ai eu l'impression de comprendre la physique, c'est la première fois dans mon cursus, mais je suis pas sure que ça soit ça dont j'ai besoin pour réussir le concours"
    (malheureusement, c'est pas faux...) 

Quelques miscellanées à l'écrit : 
  • "Je pense que le cours est très bien sauf pour préparer un concours"
  • "je préfère les corrections des exos au tableau par le prof"
  • "Là je suis incapable de faire quoi que ce soit (sauf de comprendre la physique ce qui est déjà pas mal!)"
  • Ce que vous avez apprécié : "les conversations pour être sur que l'on comprenne"
  • "Moins attendre avant de donner la réponse (efficacité/rentabilité)"
  • "Même si certaines notions me sont plus familières, je ne me sens pas plus à l'aise devant un sujet"


Quand je parcoure les feuilles que j'ai récupérées je note en vrac : 
  • que les petits cartons sont plébiscités, même si certains étudiants trouvent que ça mange un peu trop de temps
  •  Que beaucoup sont perdus de ne pas avoir fait de cours en grand un petit a (I.1.a )
  • D'aucun proposent d'avoir un cours à travailler à la maison avant de venir en cours (ça je suis vraiment pour, il faut que je m'organise mieux pour pouvoir le proposer pour l'année prochaine)
  • Beaucoup demandent plus de d'exercices. Je leur ai proposé beaucoup d'extraits d'annales (je n'en avais pas donné assez l'an passé, mais du coup, bim bam boum, cette année c'est l'inverse!)
  • Manque de fiches ou de récapitulatifs
  • En chimie, ils ne font que des annales, pas de cours du tout. 
Bref, c'est bien que les étudiants aient plein d'enseignants différents, parce que plaire à tout le monde, c'est la quadrature du cercle! Et puis on a ses convictions en tant qu'enseignant, qui sont parfois différentes des attentes au jour le jour des étudiants....



jeudi 26 septembre 2013

On teste mon TP

Déroulement d'un tir

Depuis l'an passé, je prépare un TP sur la mesure dans le cadre de mon mémoire en didactique. Bon, aujourd'hui, c'était le grand jour de pré-test,  et évidemment j'étais à la bourre, grave. En sautant la case repas, ça passait tout juste, mais évidemment, mes cobayes têtes en l'air étaient en retard, quand les autres étaient au taquet... 

Or donc, j'avais deux binômes : 
  • Un de "naïfs" avec une étudiante en M1 et une autre en L3
  • Un de moins "naïfs" avec un chercheur et une doctorante
Et un TP non directif, ouhlàlà, c'est trop dur d'enseigner sans parler! Heureusement que A était là pour me surveiller car j'ai du mal à ne pas rajouter d'informations pour les laisser réellement travailler en autonomie. C'était aussi difficile pour eux d'ailleurs. 

Le TP était organisé sous la forme d'un jeu : ça ça a bien marché, ils étaient ultra-motivés, ils se sont amusé, bref, côté dévolution, je me mets 10/10!

Les étudiants ont passé pas mal de temps à appréhender la manip au départ, et donc je pense que je gagnerai du temps à expliquer l'objectif du jeu en faisant la démonstration d'un lancer devant eux (réglage de la longueur du fil, nœuds, etc. ).

Par contre, dans les objectifs du TP, je voulais que mes étudiants modélisent le système étudié, et ça clairement, ça ne fait pas partie de leurs habitudes en TP. En discutant avec eux à la fin, ils m'ont expliqué que pour eux, dans un TP en temps limité, on manipule mais on ne pose pas d'équations, donc ils n'ont pas osé poser des équations. Clairement, je me suis retrouvée face à un problème de contrat didactique, et dans la discussion qui a suivie, on a décidé d'appeler cette séance un "TD expérimental", et de rajouter un schéma de la manip qui oriente la modélisation. 

Mon système est très amusant, car un fil est coupé par un cutter, et ça je sais que ça joue dans la motivation, ça change des systèmes classiques que l'on voit en TP. Par contre ça a l'inconvénient majeur qu'un binôme ne peut pas faire beaucoup de statistiques et du coup L. me proposait le TP équivalent avec la gouttière en lieu et place du pendule. Mais du coup la dispersion des résultats serait beaucoup moins importante, et à court terme je n'ai pas le temps de changer d'ici mardi prochain où je teste la séquence sur une classe entière. Je me dis que je peux contourner cette difficulté en indiquant que cette manche est le préalable à un contest entre les deux demi-classes qui aura lieu la semaine suivante en classe entière, et que donc, il faut qu'ils notent soigneusement chacun les résultats de chacun des tirs pour pouvoir ensuite travailler sur une stat raisonnable. 

Je leur avais laissé une grille pour qu'ils notent le résultat de chaque lancé, mais je n'avais pas mis d'indication sur les colonnes. Je pense que je pourrais rajouter les paramètres pertinents, ils perdraient surement moins de temps au départ, et pourraient peut être passer plus de temps sur ce qui m'intéresse. 

Enfin, je n'ai quasiment aucune trace écrite par les étudiants. A. avait raison, si on ne les force pas, ils n'écrivent rien. Du coup, pour remédier à ce point ainsi qu'aux non tentatives de modélisation, je pense proposer un temps où ils n'ont pas le droit de manipuler et où ils doivent communiquer par écrit une stratégie pour gagner. 

En tous cas c'était super intéressant, les étudiants étaient content de participer à ce test, ils ont trouvé ça beaucoup plus sympa que les TPs habituels, alors c'est déjà encourageant!


mercredi 3 juillet 2013

Oraux du capes

La semaine dernière je suis allée assister à une matinée des oraux du CAPES de physique-chimie. Il faut se renseigner avant sur l'heure à laquelle passe la première fournée de candidat, sinon on poireaute ou on loupe le départ...! 

Tout d'abord le montage de physique. J'ai choisi une salle d'optique géométrique, vu que ça fait partie de ce que j'ai enseigné, je voulais voir quel était le niveau attendu. Le jury était cordial avec le candidat, les questions posées étaient bien pensées, et le niveau, ben, au niveau du candidat, qui comme souvent s'attendait à ce qu'on le cuisine sur de l'optique ondulatoire alors qu'il n'avait pas compris l'optique géométrique... En particulier, il faut comprendre à quoi servent chacun des éléments du montage d'optique, et ne pas oublier la fente dans un montage de spectroscopie.
Je ne comprends toujours pas pourquoi les candidats font des appels du pieds à des questions auxquelles ils ne savent pas répondre, ce que l'on voit d'ailleurs dès leur appel du pied! Mais j'ai bien aimé le fait d'allumer une petite lampe de paillasse quand il éteignait la lumière générale.

Ensuite l'EOD. Le candidat a tiré un sujet sur l'acoustique adaptative. Il s'agissait d'un sujet d'examen que le candidat devait corriger et commenter (grosso merdo). Prestation basique, les questions du jury encore une fois très pertinentes et intéressantes. Puis la compétence agir en fonctionnaire patati patata, là, prestation carrément mauvaise, et encore questions intéressantes du jury. L'an prochain, c'est promis, j'y vais plusieurs jours! 

En conclusion, je n'ai vu que 2 candidats, donc ça n'est pas représentatif. Ils ont tout 2 essayé de recaser leurs expériences perso d'enseignement dans la discussion (manip que j'ai présentée en 2de, quand j'ai enseigné en ZEP... ) Je n'ai aucune idée de comment s'est perçu, mais moi, je n'ai pas aimé du tout. La gestion du tableau lors du montage m'a particulièrement étonnée : aucun schéma des manips, pas de tableau de valeurs, juste le plan et quelques graffitis en cours d'explication... 
Les conseils que je donnerai l'an prochain :
  • Toute manip' a son schéma au tableau avec la valeur des composants, focale des lentilles ... 
  • Aucun appel du pied sur une notion non maitrisée
  • On n'aborde que ce que l'on maîtrise, quitte à faire une leçon pauvre. 
  • Tout doit être prêt 20' avant la fin, car là il faut: 
    • Préparer l'intro et la conclusion
    • Vérifier les chiffres significatifs
    • Vérifier que les manips sont prêtes à fonctionner. 
  • En optique, on allume une petite lampe de paillasse quand on éteint la salle. 

jeudi 28 février 2013

Interros en peer-corection

Copies du jour

Ça, c'est une super idée de LP, que j'ai mise à ma sauce. À chaque fin de chapitre (4 chapitres pour le cours EM1), je leur propose une interro de 2 questions sur 10 points. À la fin de l'interro (je leur laisse le temps pour que la majorité de la promo estime avoir fini ce qu'elle savait faire), je ramasse les copies, puis un des étudiants redistribue de manière plus ou moins aléatoire, ça fait partie du jeu. Ensuite je fais une correction au tableau et j'indique ce que j'attendais, et où il faut mettre les points. À la fin je récupère les copies, je les relis, je fais quelques commentaires et je récupère les notes.
La première fois il y avait une question de réflexion et un exo fait en TD chez eux (ou comment les inciter à préparer leurs TDs!), la seconde fois, c'est à dire ce matin, c'était une question qualitative largement discutée en cours, et un problème légèrement ouvert. 

Les points positifs : 
  • Les étudiants ont immédiatement une rétroaction sur ce qu'ils ont compris, ou pas... Ils peuvent en temps réel me poser les questions si ils ne comprennent pas quelque chose
  • En corrigeant la copie d'un autre : 
    • Ils se replongent dans le raisonnement une fois de plus
    • Ils apprennent à comprendre ce que veut l'examinateur, comment est construit une épreuve... 
  • L'exercice a un côté ludique et récréatif qui rend moins pénible la situation d'examen pour ceux et celles qui y sont "sensible"
  • Les étudiants comptent les points, ce que je déteste faire!
  • Ils comprennent le côté formatif et non pas normatif de l'évaluation, ce qui les aide à devenir acteur de leur apprentissage
  • Ils acceptent beaucoup plus facilement les mauvaises notes. 
Les points négatifs : 
  • Lorsque je fais la correction, je ne sais pas sur quoi les étudiants ont en moyenne buté, je le découvre lors de ma deuxième correction. Il faudrait peut être que je leur demande quelles sont les erreurs de raisonnement qu'ils repèrent dans les copies qu'ils corrigent. En plus ça serait une éducation à la didactique... hum hum, je ferais ça la prochaine fois. 
  • ça me prend le double de temps d'une évaluation simple, mais je pense que c'est le prix à payer pour que l'évaluation soit formative... 

2 sphères métalliques - la part du sens commun


Je n'ai pas trouvé grand chose sur les conceptions naïves des étudiants en électrostatique, mais il faut avouer que je n'ai surement pas assez cherché, la faute à pas le temps. Dans le livre de Laurence Viennot il y a bien quelques points abordés : la superposition et l'absence de champ électrique dans les diélectriques. Mais en le lisant, ça ne m'avait pas paru ultra pertinent, c'était basé sur une étude dans une seule classe avec une seule enseignante, à un seul niveau. Cet apparté étant passé, je n'avais pas l'impression d'avoir rencontré d'obstacles majeurs chez eux, hormis la recherche des symétries, mais c'est un problème plus vaste. 
Fabriquer un doublet électrostatique

Dans le cours nous avons travaillé sur comment charger une sphère métallique, comment réaliser 2 sphères métalliques portant la même charge, comment réaliser un dipôle électrique, et je crois qu'ils ont bien compris. Seulement, j'ai toujours traité l'exemple avec 2 sphères de la même taille, ben oui, pour faire un dipôle ou un doublet, c'est ce qu'il faut. Mais du coup ils n'ont pas du réfléchir au pourquoi des 2 sphères de la même taille, ils ont même pu se dire que c'était juste esthétique! 

Pour comprendre l'effet de pointe
On part de ce schéma
 Donc ce matin, quand j'ai posé en interro l'exo permettant de comprendre l'effet de pointe, où l'on donne une charge Q à une sphère que l'on a connecté à une autre sphère plus petite par un fil conducteur, au lieu de prendre comme point de départ l'égalité des potentiels, ils ont pris comme point de départ, l'égalité des charges sur chacune des 2 sphères, et bim, patatras. 

Du coup plusieurs conclusions/questionnements : 
  • Est ce que cette conception était présente avant mon enseignement et je n'ai fait que l'ancrer davantage en prenant de mauvais exemples? 
  • Est ce que j'ai créé cette conception avec mes exemples? 
  • Est ce que présenter des contre exemples dans la première partie du cours les aiderait à mieux répondre à cet exercice?


lundi 11 février 2013

Le sténopé - histoire d'un abandon

Camera oscura
Le sténopé, ou chambre noire, ou encore camera oscura, est l'ancêtre de l'appareil photo. C'est un dispositif extrêmement simple, facile à construire, basé sur le seul principe de proe principe de son fonctionnement. Laurence Viennot spagation de la lumière en ligne droite en l'absence de changement de milieu et il a disparu des programmes... mais pourquoi diantre? 

Dans mes lectures préparatoires au cours d'optique j'avais appris qu'un obstacle conceptuel fréquent chez les enfants concernant la formation des images était le concept d'image voyageuse, de persona : l'image se propage en se contractant ou en se dilatant entre l'objet et l’œil. L'une des situations problèmes adaptées pour faire évoluer les connaissances de l'apprenant, c'est l'image de mickey et de la demi lentille. Il s'agit d'un obstacle substantiel comme on l'a défini dans un post précédent.

Ce que je n'avais pas compris, c'est que dans ce problème, il y a aussi la notion d'image, qu'est ce qu'une image en optique : c'est un ensemble de rayons lumineux qui se croisent (réellement ou fictivement ) quelque part. Et cette notion d'image est très dure à construire chez l'apprenant, elle passe par l'utilisation de systèmes rigoureux, avant d'introduire ensuite la notion d'aberrations. 

Dans le cas du sténopé, on ne construit pas une image au sens de l'optique, mais on voit une image au sens courant du terme. Le fait que les étudiants ne sachent pas expliquer ce qui va se passer si on augmente ou si l'on réduit l'ouverture du sténopé prouve qu'ils n'ont pas compris le principe de cette expérience.
Laurence Viennot suggère donc de ne pas utiliser cette expérience comme expérience introductive, mais à la rigueur comme une expérience de synthèse. En faisant bien attention à tracer des pinceaux lumineux partant de chaque point dont on va faire la pseudo-image.

Je ferai donc attention l'an prochain quand je traiterai de cette expérience dans mon cours d'optique1.

vendredi 1 février 2013

Van de Graaf, mise en route!

Notre Van de Graaf et son plumeau
Il y a quelques mois j'ai commandé pour les manips de cours un van de Graaf de démonstration chez Jeulin, je l'ai reçu un peu avant Noël, et j'ai commencé à jouer avec... Grosse déception, ça marchait pas du tout.... bouhhh!

Pour une description du van de Graaf et des trucs fun qu'on peut faire avec, voir par exemple cette vidéo :



Mais la vidéo qui m'a aidé à connaître mon ami pour jouer avec le VdG, c'est celle du national stem centre :
Vidéo d'explication du VdG


Je vous présente mon nouvel ami :
Le sèche cheveux de salon
J'ai donc laissé tourné le van de Graaf 5 minutes à petite vitesse avec le chauffage à fond à une vingtaine de centimètres, et miracle, les cheveux du plumeau ont commencé à s'éloigner les uns de autres... Oh yeah!!
En mettant le chauffage contre les faux cheveux, on a encore progressé...

En résumé :
  1. Régler les balais à 1 ou 2mm de la courroie
  2. Bien sécher la courroie (et le plumeau ou..) avec un chauffage ou mieux avec un sèche cheveux
  3. Connecter la base du Van de Graaf (prise à laquelle on connecte la sphère de déchargement ) à la Terre, c'est à dire à un objet métallique en contact avec le sol.
Et avec tout ça ça devrait être bon! Nous il nous reste un pépin : pourquoi ça accumule moins de charges quand ça tourne plus vite? That's the question!

mercredi 21 novembre 2012

Baume au coeur...

- Madame, c'est vous qui encadrez les TPs la semaine prochaine? 

- Oui pourquoi? Euh...  par contre j'aurais toujours le groupe de 14h15, pas celui de 13h30

- Oh non, ça veut dire que nous on vous aura jamais...

vendredi 16 novembre 2012

Réunion avec les IPR

Aujourd'hui, c'était la présentation des nouveaux programmes du lycée par les IPR de l'académie aux acteurs qui le souhaitaient.
Jusqu'à présent je n'ai entendu que des critiques de ces nouveaux programmes, par certains représentants des enseignants et par tous les enseignants du supérieur. 

Ce que j'en retiens : 

  • Le but de la réforme : 
    • que les élèves choisissent mieux/plus vite leur voie, qu'ils redoublent moins car ça coute cher. 
    • Que les élèves qui vont en sciences aient envie de continuer en sciences avec un objectif de 50% d'une classe d'âge diplômée du supérieur
    • Et pour ça, comme les maths ça fait peur, et bien on fait de la physique avec les mains, à l'anglo-saxonne. 
    • Pour les faire rêver, on voit de la physique moderne dès la première et plus d'électricité. 
  • Mon avis : 
    • On dirait le cours idéal de sciences pour les séries littéraires et économiques
    •  C'est vraiment dommage d'avoir fait l'impasse sur les outils mathématiques, ce qui était une spécificité française
    • Ca donnera peut être effectivement envie aux élèves de continuer en physique, et la première année dans le supérieur sera d'autant plus difficile!
    • D'un point de vue pédagogie, il y a quand même une priorité mise à l'élève acteur de son apprentissage, ce qui semble pas mal
    • Je suis étonnée par l'importance donnée à la Pédagogie Par Objectif, qui ne me semblait pas faire l'unanimité dans les ouvrages de didactique... 
 Affaire à suivre

vendredi 9 novembre 2012

L'oral... et l'attitude des examinateurs

Le tableau noir...
Passer à l'oral... Pour moi, ça a toujours été un bon moment : autant je détestais travailler des exos à l'écrit dans mon coin, autant j'ai toujours adoré passer à l'oral, avoir un retour en direct sur mes connaissances, l’interactivité avec l'enseignant, se battre aux questions, défendre son point de vue... Pour ma thèse je suis un peu stressée, mais pas par la situation d'oral, plutôt parce que je ne suis pas convaincue de l'adéquation de mon sujet de thèse avec les membres de mon jury, mais c'est une autre histoire. 

L'autre jour c'était l'épreuve de contrôle continu en physique pour mes M1. Ils avaient une demi-heure pour plancher sur une question de cours et un exo et puis une demi-heure à l'oral.
Il y a eu celui qui tremblotte un peu, celle qui est très à l'aise, celui qui parle tout bas, celle qui ne fait pas la différence entre le langage courant voir familier et le langage que l'on doit utiliser à un concours (on ne dit pas notre ressort ;) ), tous les autres,      ...     et puis celles qui ne sont pas venues ...  parce qu'elles ont paniqué à l'idée de passer à l'oral. 
 Pourquoi? Ca n'est jamais simple de trouver une vraie raison, pour l'une il s'agit d'une phobie ancienne qui était passée mais qui est revenue après son passage à l'oral en TP avec le professeur moustache. Et puis l'autre? Je ne sais pas, mais mardi elle est aussi passée à l'oral en TP avec le professeur moustache. 

Le professeur moustache sur lequel elles avaient une chance sur 3 de passer à l'oral ce matin là.Il n'est pas méchant le professeur moustache, il a même plutôt un bon fond. Mais il est un peu stressé, un peu pas assez sur de lui, alors il pose les questions de façon dure, un peu cassante, un peu distant et froid. Les étudiants ils le trouvent fort, et puis compétent, et puis impliqué, c'est bien tout ça, mais pour la plupart, ils en ont aussi un peu peur, voir beaucoup. Et ça, je trouve que c'est vraiment dommage.

Alors finalement elles rattraperont leur contrôle continu avec moi, la gentille. Parce que moi, j'essaie de les mettre dans des conditions hyper positives, je passe mon temps à dire que c'est bien, pas gratuitement, mais quand au milieu du flot de bêtise l'étudiant me dit quelque chose de juste, je le souligne à chaque fois. J'essaie d'avoir une attitude hyper positive, hyper encourageante, de les porter pour qu'ils me donnent le meilleur de ce qu'ils savent. Ensuite, je jugerai et je noterai. Si il faut mettre moins de la moyenne, je le ferai. Si il faut mettre 20, je n'hésiterai pas non plus. Mais pendant l'oral, j'aurais fait en sorte qu'ils passent un bon moment, qu'ils prennent confiance en eux, qu'ils haussent la voix... Et je crois que c'est mon travail avec les chevaux et leurs humains qui m'a fait vraiment prendre confiance de tout ça, et du lien avec la confiance en soi.

 Je ne suis absolument pas convaincue par cette théorie. Et je ne vois aucun argument qui puisse tenir pour être dur avec un étudiant, peut être est ce vrai dans une classe très compliquée... Et je n'en suis même pas convaincue. 

Au contraire, en évaluation je cherche à mettre l'étudiant dans les meilleures conditions possibles pour qu'il puisse au mieux mobiliser ses connaissances.C'est ce sentiment d'empathie et d'aide que j'avais adoré quand j'avais passé les oraux de l'ENS.


jeudi 1 novembre 2012

Le sens des rayons lumineux

S'il parait évident que les rayons lumineux sont émis par une source lumineuse et entrent dans nos yeux, il semble moins évident que les objets quelconques émettent eux aussi des rayons lumineux. En effet,  l'histoire de la physique a mis plus d'un millénaire à se convaincre que les yeux n'émettaient pas de rayons lumineux, ne touchaient pas les objets, chez les enfants, il s'agit d'une conception qui reste ancrée assez tard. Cette conception affleure dans certaines de nos expressions (fusiller du regard, regard perçant), l'acte de regarder nous rendant actif et non passif. Vous vous souvenez peut être d'ailleurs de l'époque où vous pensiez que les rayons lumineux sortaient des yeux?


Chez les grands, cette conception a apparemment disparu. Tous mes étudiants me répondront qu'ils savent évidemment que les rayons partent des objets et que l'on parle alors de sources lumineuses secondaires (ce qui n'est pas évident à faire comprendre aux enfants du primaire). Mais au travers d'un exercice sur les lois de la réfraction, j'ai pu retrouver cette conception enfouie chez certains étudiants, elle agissait alors comme un obstacle à la compréhension de l'exercice. Je pense que connaître au préalable l'existence de cet obstacle m'a permis de repérer la source de la difficulté et d'aider l'étudiant à raisonner sur cet exercice. 

L'exercice en question :

On considère un amateur de poisson dans un sous marin rempli d'air observant un joli petit poisson nageant dans l'eau. 
  1. Le poisson peut il se cacher du sous-marinier?
  2. Le sous-marinier peut-il se cacher du poisson? 
  3. Est-ce choquant que l'un puisse se cacher de l'autre mais que la réciproque ne soit pas vraie?
Pour répondre à cet exercice, il faut se demander la marche des rayons lumineux quand l'homme voit le poisson (et chercher les conditions de réfraction limite/réflexion totale). Pour cela on dit : 
Quand l'homme regarde le poisson, les rayons vont.... 

... 

du poisson à l'homme, donc de l'eau à l'air, donc le rayon s'écarte de la normale, donc il existe un angle de réflexion totale.

Et chez certains étudiants, spontanément, les rayons vont de l'air dans l'eau... évidemment quand on pointe le doigt sur le problème ils réalisent de suite, mais cette conception encore un peu enfouie s'est révélée ici un vrai obstacle à leur compréhension du problème...

jeudi 25 octobre 2012

L'oeil en kit-magnétique

Kit œil magnétique
Voilà le magnifique kit pour expliquer l’œil à nos bambins. On voit la cornée à gauche, la place pour mettre une lentille convergente qui va servir de cristallin et au fond la rétine. 
Schéma détaillé de l’œil

On utilise ce kit (qui vaut une centaine d'€ quand même) pour illustrer le fonctionnement de l’œil, et ce matin j'assistais à une présentation de l’œil et de ses défauts par mes élèves, et ... ils n'avaient pas franchement tout compris. C'est une erreur de ma part, ça n'est pas un sujet facile à appréhender, j'aurais du le traiter au préalable en cours, mais je n'ai pas eu le temps ; le cristallin qui change de distance focale leur pose un vrai problème conceptuel, ainsi que le fait qu'il faille changer de distance focale si on veut faire l'image d'un objet à une distance différente, en gardant la distance cristallin-rétine constante. En fait, même avec une lentille et un écran, ça n'est pas facile à comprendre pour eux, alors même évidemment qu'ils maîtrisent tous les relations de Descartes.

Voir un objet à l'infini

Donc avec ce kit on a plusieurs lentilles convergentes. Celle de distance focale intermédiaire représente le cristallin au repos, sa distance focale est égale à la profondeur de l’œil, ce qui veut dire que l'image d'un objet à l'infini se forme à la surface du fond de l’œil, c'est à dire sur la lentille.
On utilise avec ce kit un laser multi-faisceau qui permet de visualiser les rayons provenant de l'infini, c'est à dire d'un objet situé à l'infini sur l'axe optique. Donc avec la lentille du cristallin au repos, on forme une image sur la rétine, située au fond de l’œil.
Ce kit illustre donc très bien l’œil au repos, c'est à dire en train de regarder des objets à l'infini. Jusque là, notre binôme avait tout compris, c'est ensuite que ça se corse. Par contre, pour certains élèves, l'oeil au repos est celui quand on a le regard dans le vague, pas celui quand on regarde le ciel. C'est en effet une notion difficile à sentir, car on ne commande pas consciemment le muscle qui plie le cristallin ; du coup un de mes élèves (et surement d'autres) a confondu cette action avec celle de plisser les yeux. 

Voir un objet à distance finie :

Si on parle de l’œil, on parle nécessairement de Punctum proximum, c'est à dire du point le plus proche de l’œil que l'on peut voir net. Cela signifie accessoirement que l'on ne voit pas net uniquement les objets situés à l'infini. Donc on voit net des objets situés à une distance finie, et pour cela, 2 hypothèses s'offrent à nous (cette nécessité de changer quelque chose ne semble pas totalement naturel chez un certain nombre de mes élèves pour qui le foyer, image ou objet, est un lieu magique) : 
  • Ou l'on modifie la taille de l’œil, c'est à dire la distance cristallin-rétine
  • Ou l'on modifie la vergence du cristallin (c'est à dire sa distance focale, c'est à dire sa capacité à faire converger les rayons lumineux)

C'est évident si l'on se souvient de la formule de conjugaison pour les lentilles qui relie la distance objet-lentille, lentille-image et la distance focale. Si on change un terme de l'équation, pour garder l'équation vraie, il faut nécessairement changer un autre terme dans l'équation : 
Relation de conjugaison de Descartes
pour les lentilles

Donc si on diminue OA (distance objet-cristallin), alors où il faut diminuer aussi OA', ou il faut diminuer f'. 

Et là, ça ne s'invente pas, c'est la vergence du cristallin qui change, et non la taille de l’œil. En fait l’œil est un organe qui ne grandit quasiment pas entre la naissance et l'âge adulte, enfin de quelques millimètres sur le centimètre qu'il occupe au final.  Et cette modification de la vergence se fait au moyen d'un muscle en forme d'anneau, situé autour du cristallin et qui peut en le comprimant le rendre plus courbé.

Donc pour illustrer ça avec le laser multi-faisceaux, il faut commencer par créer un objet sur l'axe optique avec une lentille convergente, puis mettre une lentille plus convergente que le cristallin de base sur l’œil du tableau, et voir à quelle distance doit être l'objet de l’œil pour qu'il apparaisse net sur la rétine (c'est à dire que les rayons issus du point objet se croisent au niveau de la rétine). 

Évidemment, ça, il faut l'avoir vu au moins une fois, car les élèves eux, spontanément, n'utilisent la laser-box que comme un générateur d'objet à l'infini. Bon, je l'avais montré en cours, mais pas sur l'exemple de l’œil, et surement pas en insistant assez...

Myopie : 

L’œil myope, c'est un œil trop long par rapport à la distance focale de son cristallin. Le cristallin du myope est en fait le même que celui de la personne qui voit bien, seulement son œil a grandi plus qu'il ne le devrait, et il est donc désormais trop long. Je pense donc que c'est une très mauvaise idée que d'illustrer l’œil du myope en prenant le même dessin d’œil et en changeant la distance focale de la lentille qui sert de cristallin. Au contraire, il vaut mieux dessiner un nouvel œil plus long et garder la même lentille. Cet œil fait ainsi, sans accommoder, l'image nette d'un objet situé à une distance finie, appelée Punctum remotum.
L'oeil myope voit net au repos à une distance finie = Punctum Remotum
Si l'oeil myope regarde à l'infini, ce que l'on voit sur la rétine est flou car l'image s'est formée en amont comme on peut le voir sur le dessin ci-dessous : 


Pour corriger la myopie, on met une lentille divergente devant l'oeil. On peut comprendre ça de 2 façons :
  1. En se souvenant du théorème des lentilles minces en série : on a alors une lentille convergente moins convergente, c'est à dire de distance focale plus élevée
  2. En comprenant que la lentille divergente fait de l'objet à l'infini une image virtuelle à distance finie, inférieure au Punctum Rémotum du myope, que celui ci peut voir en utilisant son cristallin. 


Voilà je pense une meilleure façon de présenter l’œil, et je regrette que Jeulin n'ait pas eu la riche idée d'ajouter le dessin de l’œil myope et de l’œil hypermétrope à son kit...

Quant à moi, je pense prévoir une séance pédagogique type situation-problème sur ce sujet pour l'an prochain. Je ne pensais pas que c'était à ce point révélateur des questions de formation des images en optique...

mardi 23 octobre 2012

Situations problèmes : l'image de Mickey

L'une des premières choses qui m'a parlé quand je me suis intéressée à la didactique, ce sont les conceptions naïves et les situations problèmes. Je vais illustrer sur un exemple que je trouve parlant : l'image de Mickey et la demi-lentille. 
Mickey a été croisé avec un chat...
Voilà la situation : 

Avec une lentille convergente, on fait l'image de mickey sur un écran. Qu'observe-t-on si on cache la moitié gauche de la lentille? 
  1. On observe la moitié gauche de Mickey (côté sans la queue)
  2. On observe la moitié droite de Mickey (côté avec la queue)
  3. On observe le même Mickey qu'avant
  4. On n'observe plus de Mickey 
J'ai posé cette question à mes élèves de prépa capes de physique-chimie le jour de leur rentrée, et j'ai eu une réponse plate : 25% de la promo a choisi la réponse 1, 25% la 2, 25% la réponse 3, et évidemment 25% la réponse 4. Si je pose cette question à des étudiants en thèse de physique qui ne font plus d'optique depuis plusieurs années, les réponses sont un poil meilleures.

La bonne réponse est la réponse 3. 

Pour répondre que l'on voit toujours le même Mickey (juste un peu moins lumineux), il faut avoir bien compris plusieurs choses : 
  • De tout point de l'objet partent des rayons dans toutes les directions
  • Tous les rayons partant du chat-souris sont triés par la lentille pour former l'image sur l'écran, l'image ne se propage pas en bloc (conception des images-écorces de Lucrèce) 
  • Donc il reste toujours suffisamment de rayons qui traversent la lentille pour faire l'image du chat-souris sur l'écran. 
C'est à dire qu'il faut que l'enseignement de la physique ait au préalable permis de remettre en cause certaines conceptions de l'apprenant, et pour ça l'enseignement : définition - propriété - théorème - exo d'application ne permet pas toujours d'atteindre le but recherché.  L’ingénierie didactique a donc développé un certain nombre de situations-problèmes permettant de mettre en défaut les conceptions naïves identifiées par la communauté de la didactique chez les apprenants d'une discipline (ici les élèves apprenant la physique) en les confrontant à certaines situations dans lesquelles elles ne sont plus effectives. 

Ce que je présente là me semble un peu en deçà de ce qui est réellement une situation problème dans la littérature didactique, mais pour le moment c'est ce que j'ai compris et que j'utilise.  J'aime bien le côté QCM pour faire sortir les conceptions naïves.

J'ai utilisé quelques autres situations didactiques trouvées dans la littérature (Image sur un écran : que se passe-t-il quand on enlève la lentille? ), et puis j'en ai conçu quelques autres, parfois à mon insu (le rétroprojecteur et les images virtuelles).

lundi 1 octobre 2012

C'est quoi le but des TPs?

Goniomètre avec prisme
 Oui, parce que quand j’encadre une séance de TP, je me demande parfois où l’on va, qu’avait dans la tête celui qui a rédigé l’énoncé du TP, quelle est la place de ce TP dans le curriculum de telle ou telle formation… J’ai récemment posé cette question au responsable de l’UE dans laquelle j’interviens, sa réponse fut assez déroutante :
 
Les objectifs visés des TPs : être solide sur les bases via la pratique expérimentale en particulier donc.  Autrement dit, ceux qui sont à l’aise avec le formalisme sont invités à adopter résolument une démarche expérimentale. Inversement, ceux qui ne sont pas à l’aise avec le formalisme, sont invités à comprendre les lois étudiées à partir d’une démarche expérimentale, tant la pratique expérimentale sera essentielle pour la compréhension de leurs futurs élèves !

Si on lit les programmes et la mode actuelle, on doit faire pratiquer la démarche expérimentale aux élèves. Dans les BO, la signification de la démarche expérimentale est claire, dans la réponse ci-dessus, ça me semble être très proche de la simple manipulation. Bref, ça veut dire qu’on doit toujours les faire se comporter en apprenti-chercheurs qui observent des phénomènes, se questionnent, proposent des hypothèses, mettent en œuvre un protocole pour vérifier leurs hypothèses, confrontent les résultats à leurs hypothèses, concluent ou en proposent de nouvelles. Bon, on aura compris, il ne faut surtout pas que l’étudiant ait un énoncé clé en main parce que c’est mal, d’autant plus qu’en général, c’est ce dont ils sont demandeurs, nos étudiants fainéants qui n’ont rien compris alors que nous si.
Donc on fait quoi ? Et bien on propose à nos étudiants un énoncé très succinct, voir complètement vide, avec une liste du matos, une liste de proposition d’expérience et une bibliographie et on se dit : bah voilà, hip hop c’est fait, ils n’auront pas d’autre choix que de pratiquer une démarche expérimentale. Je pense qu’on est là dans un simulacre de situation adidactique (en rapport avec les théories de type constructivistes à la Brousseau dans laquelle l’élève en se confrontant au milieu va développer des connaissances (déjà ça c’est pas gagné), mais en plus va poursuivre une démarche d’investigation).
Et qu’est-ce qu’il se passe en pratique pendant la séance ? Et bien nos étudiants sont bien sages, ils vont chercher la biblio qu’on a donnée, qui est remplie de protocoles ultra détaillés (prendre une résistance de 52 W, brancher en série un condensateur…) sans justification du choix des composants qu’ils vont suivre à la lettre, en cherchant de manière très artificielle à faire un calcul d’erreur à la fin, car on leur a dit que sans ça en physique, point de salut !
Bref, on prépare nos élèves pour le concours du CAPES, dans ce cadre leur apprendre à chercher dans des livres les monstrations qu’ils peuvent faire dans le cadre des montages qu’ils auront à présenter à l’oral peut se justifier. Dans cette optique, ils choisissent quelques manips qu’ils bachotent, et en ça ils préparent l’épreuve de montage du CAPES de physique-chimie.
Mais ce faisant on ne forme pas vraiment nos futurs enseignants. En particulier, prenons l’exemple du TP sur les lentilles et la formation des images. On va leur demander de mesurer des distances focales, des grandissements lors de montage à une ou 2 lentilles. Sur leur compte-rendu, on trouvera la copie du protocole du Duffait, leurs mesures, leurs barres d’erreurs dont ils ne comprennent pas le sens ni la raison d’être. 

Alors on fait quoi ? À court terme en ce qui me concerne, pas grand-chose, car je ne veux pas froisser le reste de l’équipe enseignante. Du coup je vais profiter de cette année pour réfléchir petit à petit à comment concevoir 4 séquences de TP (2 en M1, et 2 en M2) pour amener nos étudiants à préparer le concours du CAPES et à devenir des bons physiciens et des bons enseignants. Je proposerais ça au compte-gouttes au reste de l’équipe et on verra si on peut en tirer quelque chose.

L’exemple de l’ENS Lyon : Tout n’est pas bon à l’ENS, ça c’est le moins qu’on puisse dire. Cependant je dois reconnaître la qualité de la démarche de l’UE de physique expérimentale en L3, que je trouve innovante. Cette UE est découpée en plusieurs cycles :
  1. TPs d’introduction : il s’agit de TP à protocoles détaillés dont le but est la découverte et la prise en main du matériel disponible à l’ENS ainsi que la remobilisation des connaissances déjà vu en L1 et L2. 
  2.  Mini-projets : il s’agit de TPs portant sur l’étude d’un phénomène physique sur 3 séances de 4h que les étudiants ont vu, ou pas, en cours. L’énoncé est assez succinct, quelques idées de manipulations, cependant en général, il n’est pas évident de trouver un protocole tout fait qui soit réalisable au labo. On demande ensuite aux élèves de présenter leurs résultats comme ils le feraient à l’issue d’un stage. Il faut noter que les enseignants n’attendent absolument pas une réponse type à chacun des TPs, plusieurs mesures sont faisables, ce sont les étudiants qui choisissent, et du moment que c’est bien fait tout est recevable. C’est peut être cette partie-là qui est encore discutable pédagogiquement, car la ligne des énoncés n’est pas très claire et les différents mini-projets sont très inégaux. 
  3.  Les projets qui se déroulent sur 6 séances de 4h. Les élèves choisissent eux-mêmes le phénomène qu’ils souhaitent étudier (en général un travail de recherche déjà publié, une article d’AJP…), ils ont à leur disposition tout le matériel disponible en enseignement au département de physique, ils proposent leurs protocoles… L’évaluation se fait avec un rapport écrit et une soutenance orale.
Au master enseignement, il ne s'agit pas de former des chercheurs, cependant je pense qu'il faut repenser toute l'organisation des 4 modules de physique expérimentale. ... Post à venir sur le sujet!

vendredi 22 juin 2012

jeudi 10 mai 2012

Première lecture : quelques réflexions sur l'enseignement des sciences

Dereck Hodson

Le premier article que j'ai lu est un article de D. Hodson, qui était chercheur à l'OISE (au Canada) jusqu'en 2008, intitulé : What count as good science education? C'est article assez simple à lire fait une sorte de bilan des bonnes pratiques de l'enseignement des science. Pour cela l'équipe enseignante doit construire/penser un curriculum décrivant : 
  • but de l'enseignement des sciences qui va être proposé
    • Sélectionner et former des futurs ingénieurs?
    • Apporter de la culture scientifique à tous?
  • Le contenu. Dans l'apprentissage des sciences, la didactique a amené à distinguer 3 buts distincts qui ne sont pas toujours clairement conscients pour les enseignants : 
    • Apprendre des sciences : c'est à dire faire du disciplinaire
    • Apprendre autour des sciences :épistémologie, histoire des sciences, relations entre science et société
    • Apprendre à faire des sciences : démarche expérimentale
  • Les méthodes d'apprentissage qui vont être mises en œuvre. Ici l'auteur explique différents exemples, mais ça n'est pas très clair, et je ne suis pas sure qu'il soit exhaustif...
    • Cours magistral, construit et cohérent
    • Discovery learning : à la mode dans les années 60-70 mais qui s'est révélé peu efficace
    • Inquiry learning : démarche expérimental/projets expérimentaux
    • Activités autour du langage : discussions, débats... 
    • Démonstration ex cathedra par l'enseignant
    • Activités liés à l'informatique
    • Recherche de documentation
  • L'évaluation des élèves : cette partie n'est pas développée dans cet article
  • L'évaluation des enseignements : cette partie n'est pas non plus développée dans cet article. 
J'ai l'impression qu'il y a un relatif consensus sur la nécessité d'un curriculum cohérent dans une formation, et que l'apprentissage des sciences ne se résume pas à l'apprentissage de connaissances disciplinaires dans les sciences. Pour le reste, c'est encore assez flou. 

Je n'ai pas développé ici 2 autres points développés dans l'article :
  • La nécessité de faire émerger les connaissances naïves des étudiants (ce qui fera l'objet d'un prochain article)
  • Toutes les choses auxquelles on ne pense pas mais qu'apportent les approches expérimentales en sciences ('hands and mind on')